mardi 15 décembre 2015

Vous parler de ça de Laurie Halse Anderson





Résumé 

Melinda Sordino ne trouve plus les mots. Ou plus exactement, ils s'étranglent avant d'atteindre ses lèvres. Sa gorge se visse dans l'étau d'un secret et il ne lui reste que ces pages pour vous parler de ça. Se coupant du monde, elle se voit repoussée progressivement par' les élèves, les professeurs, ses amis, et même ses parents. Elle fait l'expérience intime de la plus grande des injustices : devenir un paria parce que ceux dont elle aurait. tant besoin pensent que le mal-être, c'est trop compliqué, contagieux, pas fun. Melinda va livrer une longue et courageuse bataille, contre la peur, le rejet, contre elle-même et le monstre qui rôde dans les couloirs du lycée.



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Ma note : 8/10 
Presque un coup de coeur mais une belle surprise.
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Mon avis 

Ce roman a eu un effet étrange sur moi. Quelque chose que je ne saurai pas vraiment expliqué. Je ne suis pas une fana de contemporain, mais depuis un certain temps, j'avais lu de nombreux avis sur "Speak", indiquant qu'il était bouleversant et troublant de vérité. Puis je l'ai aperçu, avec ce titre français un peu racoleur "Vous parler de ça", et sa couverture sobre, si parfaitement crée par La belle Colère. Il m'a attiré comme un aimant et à sa lecture ce fût la même chose. 
Je ne comprend pas vraiment les émotions que j'ai ressenti, je ne comprend pas vraiment le chemin que j'ai parcouru ni l'addiction que j'ai eu avec ce livre. Je ne comprend pas pourquoi à 4h du matin je n'avais toujours pas pu le refermer, je ne comprend pas non plus pourquoi à 2h du matin, j'ai rouvert tout mes cartons à la recherche de mes mini post it à citation. Ce livre a eu cet effet sur moi, comme une drogue, comme un besoin irrépressible de le lire, de l'aimer, de le chérir, de l'annoter et de le partager avec vous. Ca faisait si longtemps que je n'avais pas eu ce besoin de directement venir vous parler d'un livre après sa lecture. Je ne comprend pas ce bouleversement. 

Vous parler de ça, c'est l'histoire de Melinda, une jeune fille qui ne parle plus, ou trop peu, depuis cette fameuse nuit où elle est devenue une paria, cette fameuse nuit dont elle ne parle pas et dont elle ne vous parlera pas, mais que vous devinez aisément. Melinda survit donc difficilement à cette année de lycée où tout à un goût de cendre, où tous les regards qui se posent sur elle sont haineux et où personne ne veut lui parler. Elle se débat au milieu de cours qui ne l'intéressent pas, au milieu de prof qui n'ont aucune compassion. Elle fuit, elle cherche à se cacher, elle cherche à ne rien dire. Mais il y a ce projet d'art, cet arbre qu'elle doit dessiner et qui l'obsède, qui lui donne l'impression qu'elle n'est que médiocrité, cet arbre qui grandira avec elle. 

Cette histoire n'est pas l'histoire d'une guérison, n'est pas non plus l'histoire d'un drame, ce n'est même pas l'histoire d'une jeune lycéenne, c'est simplement l'histoire de Melinda qui va devoir vivre avec "ça", qui va devoir survivre avec le monstre qui rôde, avec les non dits et qui va devoir trouver le moyen de passer d'un jour à l'autre sans tout abandonner. C'est un combat, un combat silencieux et sans ennemi que l'on suit. On dévore le quotidien de Melinda, sans comprendre où tout ceci nous mène, sans savoir pourquoi de telles émotions nous traversent et pourquoi on a tellement besoin de savoir la suite.

Lorsque j'ai tourné la dernière page, sur cette petite phrase "J'aimerais bien vous en parler.", j'ai compris qu'il n'y aurait jamais de meilleur fin à ce roman, parce qu'on a pas besoin de savoir ce qui s'est passé dans les moindres détails, on a pas besoin de savoir si Melinda guérira ou ira mieux, on a pas besoin de savoir ce qui arrivera à la bête, on a juste besoin que quelqu'un l'écoute et qu'enfin quelqu'un prenne assez de temps pour lui laisser la possibilité de parler. 
Melinda m'a ému au larmes avec cette simple phrase, parce que son problème ce n'était pas de ne pas réussir à parler, de ne pas réussir à guérir, son problème c'est qu'elle n'avait personne qui prenait le temps de s'asseoir en face d'elle et de lui dire simplement : J'attend. J'attend que tu sois prête, parce que je sais que tu vas mal et que tu ne trouves pas les mots pour le dire, mais j'attend, je reste là. 

Enfin, plus personnellement, ce livre est tombée dans une période que je n'arrive pas à digérer, une période dont il faudrait que je parle même si elle ne me touche pas vraiment, mais pour laquelle je n'ai pas d'auditoire, enfin si, mais j'ai l'impression que je n'ai pas le droit d'en parler parce que ce n'est pas mon drame. Alors j'ai l'impression d'avoir la langue lié à un secret qui n'ai pas le mien, j'ai eu l'impression d'être l'amie de Melinda qui savait tout mais qui ne pouvait rien dire. C'était étrange. Dérangeant. Mais en même temps : Salvateur. 

En bref, c'est un roman qui m'a bouleversé et qui m'a totalement accaparé, je n'arrive plus à le lâcher et je ne comprend pas vraiment cette addiction. Cependant je le conseille à tous, parce que Melinda dans son histoire si banale, dans son quotidien si difficile, nous rappelle à tous que quelques fois parler est quelque chose de bien plus ardu qu'on ne le croit, parce qu'on a l'impression que personne ne nous écoutera, que personne n'a le temps pour ça. Alors en plus de nous offrir une histoire magnifique et qui vous retournera le coeur, vous apprendrez aussi que les victimes sont quelques fois autant victime de leur bourreau que de leur entourage, et ça c'est une leçon dur à avaler, mais qu'il faut comprendre. 

Citation : 
"Toutes les conneries qu'on entend à la télé sur l'importance de communiquer, d'exprimer ses sentiments, tout ça, c'est du vent. Dans la vraie vie, tout le monde se fout de ce que vous avez à dire." 

"Si un jour je crée mon propre club, je l'appellerai la Ligue anti-pom-pom-girls. On ne s'assiéra pas dans les gradins. On se faufilera sous les réngées de sièges et on sèmera un joyeux bordel."

"Compte tenu de ma réputation, je devrais m'estimer heureuse qu'on m'invite à mes propres funérailles." 

"C'est bête qu'on ne puisse pas tout simplement reconnaître que notre vie de famille est un échec : on vendrait la maison, on se partagerait l'argent et on irait vivre chacun de notre côté. Joyeux Noël." 

"Je nous imagine habitant dans les bois, elle, frappée de son A pour adultère, et moi avec mon S peut être, S comme silencieuse, comme stupide, comme sidérée. S comme sotte. Comme souillée."

"Moi : "J'aimerais bien vous en parler." "

4 commentaires:

  1. Il me tente beaucoup, et encore plus quand je lis des chroniques comme la tienne dessus !

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  2. Une histoire qui a l'air très intéressante. Merci pour la découverte !

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